Espèce botanique
Urtica membranacea
Poir. ex Savigny
Ortie à membranes
Description
Description morphologique
Plante herbacée annuelle appartenant à la famille des Urticaceae, elle se présente avec un port dressé et ramifié, généralement haute entre 20 et 30 cm, mais peut exceptionnellement atteindre jusqu’à 80 cm. La tige est cannelée, anguleuse et couverte d’un léger duvet (irsute), caractéristique qui, avec la présence de poils urticants, rend la plante urticante au toucher.
Les feuilles sont de taille moyenne à grande, avec un limbe ovale ou lancéolé, long d’environ 15-30 mm et large de 18-30 mm, avec une base cordée ou arrondie et un bord dentelé avec 8-15 dents de chaque côté. Le pétiole a une longueur approximativement égale à celle du limbe et à sa base se trouvent deux stipules ovo-lancéolées, soudées par paires, donnant l’aspect de deux stipules bidentées. La face supérieure des feuilles est parsemée de poils urticants, tandis que la face inférieure est modérément velue.
L’inflorescence est scapiforme, constituée de grappes unisexuées, monoïques dans la plupart des cas, bien que des fleurs hermaphrodites ou dioïques puissent apparaître occasionnellement. Les grappes mâles sont plus longues que le pétiole, souvent saillantes et placées à l’apex de la tige ; elles ont un axe aplati et élargi sur les côtés par des membranes caractéristiques, avec les fleurs disposées unilatéralement sur le côté supérieur et de couleur verdâtre avec des nuances violacées. Les grappes femelles, en revanche, sont plus courtes que le pétiole, de forme cylindrique, placées plus bas et insérées en position axillaire.
Les fleurs sont petites, verdâtres et monoclamidées, avec un périanthe membraneux composé de 4 segments : ceux des mâles sont subégaux, elliptiques, pubescents et avec 4 étamines saillantes, tandis que ceux des femelles présentent 4 segments inégaux, avec les deux internes plus grands, glabres, et un ovaire supère uniloculaire avec stigmate capité et subsessile.
Le fruit est un akène (dichasium) ovoïde, comprimé et brillant, enveloppé par les deux pièces internes croissantes du périanthe.
Habitat et distribution
Espèce typique des régions méditerranéennes, elle est principalement répandue le long des côtes méridionales atlantiques et méditerranéennes, avec une présence documentée dans plusieurs régions italiennes, notamment en Ligurie, en Toscane, en Campanie et en Sicile. Elle pousse fréquemment dans des milieux rudéraux, sur des sols nitrophiles, incultes et à proximité de murs et ruines jusqu’à une altitude d’environ 1000 mètres.
Elle préfère les positions ensoleillées ou partiellement ombragées et les sols bien drainés, souvent perturbés par l’activité anthropique, où elle joue un rôle de plante adventice. Sa distribution s’étend également à certaines zones côtières françaises (Pyrénées-Orientales, Gard, Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes) et en Corse.
Période de floraison
La floraison s’étend de mars jusqu’à août, avec une certaine variabilité liée aux conditions climatiques et géographiques. Pendant cette période, la plante produit ses grappes unisexuées caractéristiques, assurant ainsi la reproduction même dans des milieux aux conditions écologiques diverses.
Écologie et pollinisation
L’espèce est principalement monoïque, avec des fleurs mâles et femelles séparées sur la même plante, bien que des fleurs hermaphrodites ou dioïques puissent apparaître occasionnellement. Les fleurs sont petites, peu voyantes et dépourvues de parfum marqué, indiquant une pollinisation principalement anémophile (transportée par le vent).
La disposition unilatérale et la structure membraneuse de l’axe floral, typique des grappes mâles, facilitent la dispersion du pollen par le vent. Le fruit, un akène léger et brillant, est dispersé principalement par gravité et par de petits animaux ou agents anthropiques, contribuant à la colonisation rapide des milieux perturbés.
Curiosités et usages traditionnels
L’ortie membraneuse est une plante avec plusieurs propriétés officinales et usages traditionnels. Les feuilles, une fois bouillies pour neutraliser les poils urticants, sont utilisées en cuisine pour préparer des farces, des omelettes et des accompagnements, surtout dans les régions méridionales d’Italie.
D’un point de vue médicinal, l’espèce est connue pour ses propriétés éménagogues, anti-inflammatoires et reminéralisantes. Traditionnellement, dans le Sud de l’Italie, elle a été utilisée pour soulager la toux et l’angine. De plus, elle a été employée dans l’alimentation animale : mélangée à la pâtée des poules, elle augmenterait la production d’œufs, tandis qu’introduite dans le régime des vaches, elle augmenterait la production de lait.
Il est important de souligner que ces usages sont à considérer comme traditionnels et d’intérêt ethnobotanique, et ne doivent pas remplacer les indications médicales professionnelles.
Étymologie
Le nom générique "Urtica" dérive du latin urere, qui signifie "brûler", en référence à la sensation douloureuse causée par les poils urticants présents sur la plante. Le nom spécifique "membranacea" fait référence aux membranes caractéristiques présentes dans l’axe de l’inflorescence et dans les segments du périanthe, qui sont fines, membraneuses et bien visibles dans les inflorescences mâles.
Le nom commun italien "ortica membranosa" reflète précisément cette caractéristique morphologique distinctive qui la différencie des autres espèces d’ortie.
Sources
- Prof. S. Pignatti, Flora d’Italia, Edagricole, Bologna 1982
- Acta Plantarum – Flora delle regioni italiane (scheda di Giuliano Salvai)
- Tela Botanica / H. Coste, Flore descriptive et illustrée de la France
Caractéristiques
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Classification
- Règne
- Plantae
- Famille
- Urticaceae
- Nom complet
- Urtica membranacea Poir. ex Savigny
- Forme biologique
- Terofite scapose
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